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Chaussons et charlotte enfilés, la visite commence. Animés par les commentaires de leur guide, les visiteurs, soumis aux mêmes règles que les personnels et les produits, « marchent en avant ». Partant de la réception des poissons frais (Océane Alimentaire a pour règle absolue de ne travailler que le frais) puis suivant les différentes étapes de préparation et de conditionnement, la visite se termine dans une partie de l'ancienne conserverie maintenue dans son état originel, la salle de stérilisation, qui, à l'époque comptait une batterie de 8 autoclaves verticaux disposés en cercle autour d'une petite grue servant à y charger les paniers et à les en enlever après stérilisation.

La visite perd là son caractère formel, chacun y allant de sa question, et Gilles y répondant avec un plaisir proportionnel à leur pertinence. Le séjour en ces lieux a tendance à se prolonger, si bien que leurs propriétaires envisagent de les aménager, en restaurant les autoclaves et autres équipements originels, et en y disposant des panneaux explicatifs.


Autoclaves de l'ancienne usine Cassegrain

Cette stratégie de communication porte ses fruit, le retour en terme d'achats à la boutique, justifie largement le surcout en temps, accessoires (chaussons, charlotte) et assurance. Toute entreprise souhaitant doper sa notoriété et ses ventes directes peut, si elle est dotée d'une surface suffisante pour l'accueil de public, s'inspirer d'un tel modèle, le retour sur investissement est garanti!

Océane Alimentaire

La conserverie de poisson construite en 1880 par le conservateur Nantais Cassegrain, sur le terre-plein du port de Saint-Guénolé, connut les mêmes vicissitudes que l'industrie sardinière bretonne alors à son apogée; après un long déclin elle fermait définitivement ses portes en 1993.

Océane Alimentaire, dans les anciens établissements Cassegrain

En 1999, lorsque Gilles le Guen et Marie Queffelec, les créateurs et co-gérants de la SARL Océane Alimentaire, envisagèrent d'y implanter leur activité de transformation, les bâtiments étaient déjà bien délabrés, et cet état leur permit d'en acquérir les quelques milliers de mètres carrés dans de bonnes conditions. Forte d'une gamme de produits développés sous la marque Belle Bretagne, et confirmés par six ans de vente directe sur les marchés, Océane Alimentaire cherchait alors un local suffisamment grand pour y accueillir à la fois le laboratoire qui jusque là squattait la ferme familiale, et la clientèle qu'un emplacement bien choisi ne manquerait d'y attirer, l'objectif clairement défini étant bien de faire venir les clients plutôt que d'aller les chercher sur les marchés. Non sans de sérieuses appréhensions relativement à l'état des lieux, mais séduits par leur taille et l'excellence de leur emplacement, face à l'immense parking jouxtant le port, Gilles et Marie portèrent leur choix sur l'ancienne conserverie; les 10 ans d'activité qu'ils y ont exercé depuis ont largement confirmé la justesse de ce choix.

Magasin ou musée?

Le magasin qu'ils y ont ouvert tient largement ses promesses; l'affluence y fait d'autant moins défaut qu'elle est entretenue par une exposition de photos retraçant l'histoire de l'industrie sardinière bretonne ouverte aux mêmes horaires que le magasin, et en entrée libre. L'espace qui accueille cette exposition surplombe sur toute sa longueur, d'un côté le magasin et à l'opposé le vaste laboratoire où sont fabriqués les produits Belle Bretagne. Des fenêtres aménagées dans le mur mitoyen permettent aux visiteurs d'y découvrir les travaux en cours. Enfin ce laboratoire aussi peut être visité.

Chaque jour des mois de juillet et août, en effet, la visite en est proposée, gratuite et qui plus est commentée par Gilles lui-même. Les personnes intéressées ont juste à se présenter au magasin à onze heures -c'est le seul départ de la journée-, dès lors que huit personnes sont présentes, la visite peut commencer. En fait, la moyenne des visiteurs par départ est d'une quarantaine, ce qui donne une idée du succès de la formule.

le 30 août 2009



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