La cuisine aux algues
La cuisine aux algues est une petite entreprise dont l'implantation à proximité de Marennes, remonte à 1989. A cette époque, son créateur, Thierry Laugier venait de débuter un élevage de palourdes en claires traditionnelles (ces bassins de terre qui, vus du ciel, donnent à l'estuaire de la Seudre son aspect de mosaïque si photogénique). Mais très vite la surface exploitée se révéla insuffisante. De plus la demande fléchissait. Heureuse coïncidence, les algues marines, dont certaines venaient d'être officiellement autorisées à la vente pour des usages alimentaires, faisaient parler d'elles, de même que la salicorne, par le biais de cueilleurs originaires de Guérande prospectant le coin (depuis quelques années déjà, des paludiers Guérandais avaient popularisé la consommation de salicorne confite au vinaigre, et la matière première se faisant parfois rare...).
Cueillette de salicornes dans une ancienne claire à huîtres de la région de Marennes
La cuisine aux algues naissait alors en tant qu'entreprise de cueillette, transformation et commercialisation de plantes sauvages et algues marines présentes sur le littoral Charentais.
Après quelques années de
tâtonnements, d'expérimentations et d'abandons, une
gamme de sauces, épices et condiments au fort parfum d'embruns
s'installait au rayon des spécialités locales des
épiceries fines de la région. Pour autant, les
perspectives de développement allaient se montrer limitées.
Si touristique soit-il, un département comme la
Charente-maritime ne présente pas, pour des produits de
consommation épisodique, sinon accessoire, comme ceux-ci, un
débouché suffisant. L'estampille du « local »
draine certes un potentiel de clientèle représenté
par les vacanciers désireux de ramener chez eux des produits
« typiques » de la région où ils
ont passé leurs vacances, mais elle comporte un revers:
au-delà de ladite région, les ventes se raréfient
fortement. Il faut bien le constater: pour le vacancier moyen, la
qualité intrinsèque d'un produit compte moins que son
lieu de production.
le 28 février 2009

