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L'Établissement de transformation des produits Agricoles

C'est en 1990, après une carrière de délégué médical qui l'a mené dans les différents pays d'Afrique de l'Ouest et lui a forgé son tempérament de vendeur, que Diaga Gackou a créé son « Établissement de Transformation de Produits Agricoles (ETPA) », finançant son démarrage par la vente d'un bien familial. Il a fait de l'innovation sa spécialité, en lançant une production artisanale de chips de pomme de terre, une première au Sénégal. Considérant que le débouché serait insuffisant pour une production industrielle, le retour sur investissement trop aléatoire, Diaga Gackou a fait fabriquer localement une batterie de friteuses telles qu'utilisées en restauration, et celles-ci lui lui assurent aujourd'hui une production quotidienne de 500 kg.

L'entreprise décline aujourd'hui une dizaine de références et emploie 12 salariés. Des chips au nougat, en passant par les tisanes et cafés en dosettes - encore une innovation, ici - les pépites de gingembre et les bonbons au bouye, toutes les recettes, tous les process ont été mis au point en interne. Les 12 salariés de l'entreprise sont répartis en 2 équipes qui alternent chaque jour le travail des bonbons avec un autre poste, tant pour assurer la polyvalence de chacun qu'éviter la monotonie d'un travail répétitif.

Après deux décennies d'activité au cœur de l'ETPA, Diaga Gackou ne marque aucune lassitude. C'est au contraire, comme il l'avoue volontiers, dans les murs mêmes de son entreprise, l'esprit occupé par tous les détails de sa gestion, qu'il se sent le plus épanoui ; aussi les projets ne lui manquent pas.

L'implantation de points de vente à la marque exclusive « Sunu » dans les principales villes du Sénégal en est un, le lancement dans la Gambie voisine du mbormbor en sachets un autre, pas moins prometteur : en effet si la marché des tisanes en sachets n'est pas très développé au Sénégal, c'est le contraire en Gambie. Entre autre héritage, le colon Britanique a légué aux Gambiens l'habitude de consommer le thé en sachets. D'autre part le « mbormbor », dit aussi thé gambien, y est une boisson très populaire. La conjonction des 2 facteurs devrait assurer le succès de ce projet

soudage des sachets de tisane au mbormbor

Si le marché gambien des tisanes tient ses promesses, le mode de fabrication, de remplissage et de fermeture entièrement manuel des sachets permettra-t'il d'y répondre ?
( photos, ci-dessus : le soudage des sachets, ci-contre : remplissage et étiquetage)

Les bonbons bouye
au pain de singe

« Bouye » est un terme Wolof qui désigne la poudre du fruit du baobab, soit sa pulpe, une fois séchée et pulvérisée.

Bonbons au bouye mis à sécher
les bonbons au bouye, disposés sur des plateaux inox, sont mis à sécher au soleil à l'abri des insectes et des poussières, sous des voiles de protection

Le fruit du baobab, dit pain de singe, est récolté à maturité, ramassé au sol ou décroché de l'arbre, puis séché. La saison de production s'étend de Février à juin. Le bouye, traditionnellement consommé en boisson, délayé dans de l'eau, n'était pas utilisé autrement, jusqu'à ce que, sous l'impulsion de diverses ONG cherchant à valoriser cette abondante matière première, un bonbon ne soit mis au point. Ce bonbon a connu un tel succès que les pays de la frange sahélienne où œuvraient ces ONG, Mali et Burkina Faso, se sont mis à l'exporter vers les pays voisins. Ainsi jusqu'à ces derniers mois, les seuls bonbons au bouye disponibles au Sénégal provenaient de ces pays, où les opérateurs, jaloux de la technologie acquise ; se gardaient bien de la transmettre. Depuis que Diaga Gackou, créateur et patron de l'ETPA (Etablissement de transformation des produits agricoles) a mis au point son propre process de fabrication, on trouve au Sénégal des bonbons au bouye fabriqués à Dakar même, dans l'arrondissement des Parcelles Assainies.

Ce délicieux bonbon, à la texture moelleuse et aux arômes de banane a pour seuls ingrédients la poudre du fruit du boabab et le sucre. Sa fabrication passe par des phases de pétrissage, laminage, découpe et séchage au soleil. Le process complet, du pétrissage jusqu'à l'ensachage et la remise au client prend quatre jours. La capacité de production de l'entreprise est de 20 kg/jour en rythme de croisière, et peut être doublée en cas de forte demande.

A l'instar des autres productions de l'entreprise, c'est sur le haut de gamme que le bonbon au bouye produit par l'ETPA, et commercialisé sous la marque « Sunu bouye » s'est naturellement positionné. Il est en effet principalement distribué en grandes surfaces - synonymes au Sénégal de produits de luxe et de prix élevés - et en magasin de proximité, dans quelques hôtels, à l'aéroport...

Le succès rencontré par le seul bouye produit à ce jour au Sénégal est en passe d'en faire le produit phare de l'entreprise, et de lui offrir une perspective de croissance que son patron envisage pour l'assurer, soit de délocaliser la production pour bénéficier d'un meilleure exposition au soleil pour le séchage, soit d'investir dans un séchoir à gaz.

remplissage et étiquetage des sachets de mbormbor

le 12 janvier 2012



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